POUR LA CULTURE

Pour la culture c’est la devise de la dernière exposition d’Artemile, qui se tenait du 25 novembre au 3 décembre à la Gallery M5 à Strasbourg. Nous revenons sur l’évènement à travers une interview que lui et son entourage nous ont accordé.

LE CHOC DES CULTURES

peinture originale, 1x1m – LES CHOSES SIMPLES pt.1 – ARTEMILE

Artemile, jeune artiste-peintre Colmarien de 20 ans au talent remarquable a marqué 2023 de son empreinte. C’est pas moins de trois expositions dans l’année. La première : « Entre Rap et peinture » avait eu lieu à Strasbourg et à Paris, et mettait en scène des tableaux de 1 mètre par 1 mètre qui représentaient l’osmose entre l’art du peintre et son amour pour le rap. Covers d’albums revisitées, portraits de plusieurs figures de rap, cette exposition a su trouver son public et ainsi propulser sur le devant de la scène un art souvent oublié. La dernière en date se voulait plus personnelle, avec une identité forte. Artemile s’éloigne désormais du monde du rap et propose un art qui lui ressemble davantage, son propre monde créé de toutes pièces par ses mains.

Le monde d’Artemile est univers très varié qui mélanges ses inspirations du quotidien. Il peint ce qu’il vit et ce qu’il voit. Cela donne lieu à des tableaux comme LES CHOSES SIMPLES partie 1 et 2 qui représentent des scènes de vie, dans la rue avec ses amis à Colmar ou sur le port de Collioure, région dont il est originaire. Ce sont des moments précieux pour lui, qu’il veut partager avec son public.

peinture originale, 2x1m – NEPAL – ARTEMILE

Le dessein d’artemile

Artemile a toujours baigné dans l’art, quelle que soit sa forme. Il nous confiait : « J’ai toujours créé, c’est une nécessité. Quand j’étais petit et jusqu’à maintenant j’ai toujours besoin d’avoir quelque chose dans les mains. »

Effectivement on parle ici d’art sous toutes ses formes. S’essayant d’abord à la photo, le dessin ou même la vidéo, c’est en déménageant à Strasbourg pour ses études en faculté d’art qu’il découvre le plaisir de peindre. Il nous racontait : « Le premier grand tableau que j’ai fait, j’ai emménagé à Stras’ (Strasbourg), je ne connaissais personne, j’ai acheté ma plus grande toile et j’ai fait Népal. À partir de ce moment-là, ça a été un déclic. » C’est donc depuis très récemment que notre artiste du jour pratique ce qui est devenu sa passion, et sa progression est fulgurante.

On parle de progression fulgurante, mais cela concerne aussi sa mentalité. Très précis dans sa manière de travailler, il ne néglige jamais ce qui tourne autour de son art et un élément central pour lui : son public. Très proche de ces derniers, il a pour dessein de faire s’entre-choquer les cultures. Étant donné qu’il s’inspire de tout ce qu’il aime, à savoir aussi bien la peinture classique, la sculpture, ou plus récemment les artistes digitaux et même le rap, il souhaite que les publics (aussi différents soient-ils) convergent dans un seul et même lieu : son exposition.

Et en parlant de lieu…

peinture originale, 2x1m – LE PETIT DU CITY – ARTEMILE

Une exposition pas comme les autres

La Gallery M5, dirigée par Régis et Victoria, a vu voir le jour cette année trois expositions qui se détachaient des autres. Chacune d’elle plus unique que la précédente. Fumsecc et Mathieu avaient collaborés avec NarcisseRL et César pour un concert le jour du vernissage. Cette fois-ci, Artemile s’est vu organiser un pop-up avec la marque Ambivalence, qui clôturait l’exposition. Au-delà de ces collaborations, on vous emmène avec nos mots et quelques images au sein de cette expérience qui nous a marqué !

La première fois qu’on découvre l’exposition, il y a du monde. C’est le vernissage. L’exposition se tient sur deux étages ; le premier, très monochrome met en évidence LE PETIT DU CITY, un regard pesant qu’on connaît bien. C’était ce petit garçon qu’on voyait il y a des années, qui attendait ses amis pour jouer au foot tandis que les plus grands s’affrontaient en 5 contre 5 sur des terrains en synthétique. On ressent dans ce tableau toute l’envie mais aussi l’admiration de ce petit, figure universelle dans la vie de chacun.

En s’engouffrant un peu plus dans l’exposition, on aperçoit la pièce maitresse au premier étage ; un tryptique de 3 mètres par 3 mètres qui en impose par sa noirceur. Charismatique, on ne peut pas rater ces trois silhouettes qui nous observent fixement, sans jamais détourner le regard. Cachée à gauche de cette ombre noire au fond du couloir, se trouve ce qui participe à l’unicité de cet événement. Une photo de l’artiste Toxine, revisitée par Artemile, fondation de la collaboration entre le peintre et la marque de vêtements Ambivalence pour un Knit d’exception à 80 exemplaires seulement, sur lequel on parlera un plus tard dans cet article.

C’est ici que l’on apprend en exclusivité la naissance de cette collaboration, et cela nous donne qu’une envie, descendre pour découvrir le reste de l’univers Artemile…

La vision de deux artistes

En bas, c’est un florilège de couleurs et d’émotions. On y retrouve Artemile qui discute avec tout le monde, des gens qui s’émerveillent, d’autres qui se laissent porter par l’art. Chacun ressent l’exposition à sa manière. L’oeuvre qui retient notre attention, c’est la deuxième collaboration qui habite ce lieu, AMOUR IMPOSSIBLE. Ce tableau est l’oeuvre de Toxine en partenariat avec le peintre du jour. C’est d’abord le fruit d’un shooting de Marouane, mettant en scène un homme et une femme face à la ville de Paris. Et c’est seulement une fois ce dernier terminé, qu’Artemile a pu s’amuser avec une moitié de la photo afin de peindre par dessus cette dernière. Entre obscurité et lumière, peinture et photographie, cette oeuvre si particulière se démarquera des autres tout au long de la semaine.

« L’idée de fusionner deux compétences distinctes pour en créer une seule est passionnante » nous expliquait Toxine en interview. Très ouvert au monde de l’art et avec l’envie de toucher à un maximum de disciplines, le Toulousain ne se contente pas de la photographie. Réalisation vidéo, direction artistique, collaborations en tout genre, rien ne se dressera trop haut pour Toxine. Cette motivation vient aussi du fait que cette exposition lui a permis de se ressourcer. Voir son oeuvre en grand avec des centaines de personnes qui l’admirent, ce n’est pas anodin, et cela lui a rappelé l’origine même de pourquoi il a choisi cette voie : -« Je voyais des réactions sincères et profondes, face à moi. C’est tout bête et classique pour des artistes mais ça m’a rappelé pourquoi je me tue à faire ce que je fais. »

De plus le côté très personnel du travail de notre photographe du jour fait la différence, et AMOUR IMPOSSIBLE n’échappe pas à cette singularité : « Je voulais vraiment aborder, accentuer cette opposition de peinture et photographie avec ce thème là…ce qui est très intéressant, c’est qu’on peut comprendre l’oeuvre sans aucun texte ou de titre posé. La photographie d’un coté et la peinture d’un autre fait qu’on comprend le propos assez facilement. Et puis ça reste un sujet qui me parle beaucoup, l’oeuvre s’adresse à moi-même », raconte Marouane.

Peinture sur photographie originale, 1x1m – AMOUR IMPOSSIBLE – TOXINE & ARTEMILE

de l’art à la mode

collaboration Artemile x Ambivalence via photo originale de Toxine

Comme on le mentionnait précédemment, les collaborations sont au coeur de cet évènement. Au-delà de l’art visuel, Artemile et Ambivalence se sont retrouvés pour créer un vêtement unique, une oeuvre concrète qui accompagnera au quotidien toutes les personnes qui ont soutenu ce projet. Cette collaboration se veut 100% alsacienne, et il était important pour Alexis (fondateur de la marque) de marquer le coup et de montrer les différentes ressources de cette région souvent oubliée : – « C’était important car l’Alsace est un coin perdu, trop souvent pas pris au sérieux. »

Selon Aurélien et Théo qui accompagnent Alexis dans son aventure, c’est Artemile qui les contacte dans un premier temps pour réfléchir à une collaboration. Lorsque l’idée du Knit émerge, c’est chacun de leur côté sans se concerter qu’ils décident « d’un visage exprimant une émotion forte » en guise de visuel. La coïncidence étant évidente, ils se sont lancés très vite dans un travail ambitieux. Alexis définit tout ce qu’il se passe par le terme de : – « Matrice : tout coïncide, tout a été écrit pour que cela se passe comme ça. Malgré que ce soit 2 univers très différents, une collab’ innatendue, tout était fait pour être comme cela. »

Une collaboration entourée d’une promotion artistique assurée par Youcef Kaddour, réalisateur de 22 ans que l’on voit partout dernièrement ! Clip de Kay the prodigy, Jeune Austin, il s’attaque maintenant à la promotion des collaborations d’Artemile : –  » Quand on s’est vu tous ensemble et qu’on découvrait les toiles, on a réfléchi a créer tout un univers. Je me suis demandé : à quoi ressemblerait la toile si on dézoomait au maximum ? ». Et c’est comme cela que sont nés les 2 vidéos promotionnelles qu’il a réalisé. L’une d’elles nous a particulièrement marquée car elle témoigne de toute la colère, et de toute l’émotion qu’on peut ressentir en regardant le tableau : visionnez la vidéo ici-même

La vision d’une DOUCE VIOLENCE

En parlant de colère et de violence, il est important de revenir sur le processus créatif des toiles d’Artemile. Il expliquait à notre micro qu’il a deux différentes manières de peindre : –  » La première manière de peindre est détaillée, je prends plaisir à peindre. Je mets de la musique, un petit film, un petit thé et je prends mon temps pour la faire. Cela peut prendre plusieurs jours. La seconde manière est plus expressive. C’est un combat entre moi et le tableau. Je fais des grands gestes violents, je recommence, je jette et je suis même fatigué à la fin. Ces toiles se font en un coup, en une soirée c’est fini. Mon appartement se retrouve souvent dans un sale état après une session comme celle-ci » nous dit-il en rigolant.

Suite à cette explication, on perçoit effectivement des manières différentes de peindre ici et là, de part et d’autre de l’exposition. Les toiles qui font tout de suite effet sont le fruit d’un combat acharné entre l’homme et son art, violence et paradoxe que l’on ressent souvent dans la douceur du message de l’oeuvre. Ce contraste là nous évoque beaucoup de choses en parallèle, tout aussi contrastées. Toutefois, il n’est pas rare de voir le peintre sourire durant cette exposition. Fierté sans précédent, famille, amis, et inconnus se sont pressé le temps d’une semaine pour découvrir ce qui tend à rassembler toutes les générations. Le contraste entre les âges ne se fait pas ressentir et son objectif est atteint.

L’art et la culture à la portée de tous : Merci Artemile

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