Sherifflazone, le représentant français du DMV Crank

Vous l’avez probablement découvert avec le banger « AMIRI » paru au début de l’année 2024 sur les plateformes de streaming. Impossible de rester de marbre face aux flows entêtants et frénétiques de sa musique. Originaire de Évry-Courcouronnes (91), l’artiste a pourtant tout d’un artiste américain. Rapidement présenté comme l’un des rookies à ne pas manquer cette année, il est le représentant d’un sous-genre originaire des États-Unis appelé DMV Crank, également connu sous le nom de DVMP. Ce-dernier est une évolution du style DMV, qui est une musique qui a trouvé ses racines entre le District de Columbia, le Maryland et la Virginie, trois états américains desquels sont tirées les initiales. Caractérisé par un son dur, agressif et des lyrics qui se concentrent souvent sur les difficultés de la vie de banlieusard, son rap présente un débit rapide et des rimes complexes.

Sherifflazone – AMIRI

Aperçu la semaine passée au côté de 8ruki, Jolagreen23, Skuna, et ThaHomey, sur un remix du titre « ZUSHI » de 63OG, il a tout le potentiel pour devenir une future tête d’affiche du rap français, et cette perspective nous plaît.

DE SOUNDCLOUD AU STREAMING

Les meilleurs dénicheurs de talent auront découvert Sherifflazone bien avant janvier, car comme bon nombre d’artistes issus de cette nouvelle génération, l’engouement a commencé sur Soundcloud au cours de l’année écoulée. Actif depuis de nombreuses années sur la plateforme, il a tout le temps de préparer son arrivée sur le devant de la scène et faire mûrir sa musique. Le titre « AMIRI » cumule à plus de 270’000 écoutes sur la plateforme allemande, et il en va de même pour le titre « QUAND ÇA MÊME », paru une semaine après la sortie de « AMIRI » en streaming, pourtant lui aussi disponible depuis l’année dernière sur Soundcloud et comptant plus de 50’000 écoutes.

La stratégie semble payante, construire un auditorat sur Soundcloud, avant de se présenter au grand public en streaming, avec des résultats quantifiables afin de sortir sa musique dans la meilleure configuration, en sachant ce que le public souhaite entendre. La recette est payante, et l’artiste est présenté en février par le Michigan Daily, un journal américain qui n’a pas manqué de flairer le potentiel de l’artiste. La preuve que le rap français n’est pas destiné à rester méprisé à l’international, bien au contraire !

UNE PERSONNALITÉ FORTE

À l’image de ses lyrics, Sherifflazone ne fait pas dans la dentelle et n’a qu’un seul objectif : abattre l’ennemi. Parfois virulent sur ses réseaux sociaux, il est conscient de son talent et ne compte pas le minimiser, à juste titre. C’est d’ailleurs ce qui fait son succès, avec une pleine confiance en lui et sa musique, il n’hésite pas à faire savoir ce qu’il pense de l’inspiration que pourraient tirer certains artistes de son art depuis sa récente exposition.

Comme il le démontre à nouveau sur son dernier single « FUTURAMA », il ne compte pas laisser redescendre l’engouement et semble avoir un plan de carrière bien tracé, au côté de son équipe.

Si-si j’suis en tête, l’empire durera assez

Sherifflazone – FUTURAMa

SHOWMAN AU FORT POTENTIEL

Avec une discographie aussi énergétique, nous n’avons qu’une envie : découvrir l’artiste sur scène. Présent à une soirée organisée par le média Kultur en début d’année, l’ambiance électrique de son passage ne nous a pas laissé indifférents, et il sera d’ailleurs présent ce vendredi 10 mai à Paris au Point Éphémère pour une prestation qui s’annonce une nouvelle fois mouvementée. Soyez au rendez-vous !

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