Oumar : “Je suis à un stade où je connais mes points forts”

Quelques semaines après la sortie de son nouvel opus Trauma Saison 3, Oumar s’est entretenu avec (+33)Rap. L’occasion pour lui de revenir sur son processus de création, ses deux ans d’absence, son futur…

Si Oumar a commencé à saisir sa plume et son micro à l’aube des années 2000, il n’a jamais cessé de faire évoluer son art au gré des temps. Après deux ans d’absence, l’artiste havrais a fait son grand retour sur le devant de la scène le 10 mars, à l’occasion de la sortie de Trauma Saison 3.

Bien que ce nouvel opus soit le troisième de la série, le rappeur aime à le considérer comme un nouveau départ, et ce après un long cheminement artistique. “Je ne dirais pas que j’ai fait une pause de deux ans, parce que j’étais constamment en studio”, nous explique-t-il. “J’ai fait pas mal d’expérimentations, j’essayais ‘de trouver ma voix’. Et, à présent, je suis arrivé à un stade où je connais mes points forts. Je sais où je dois aller, que ce soit en termes d’écriture, de flow, de musicalité, de direction artistique pure, etc.”.

Un nouveau départ

Une identité musicale que le membre de l’écurie Din Records a trouvé au fil des mois, et qu’il nous dépeint comme “de la grosse trap, du gros sampling”, avec en point d’orgue une appétence toute particulière pour l’écriture. 

S’il se décrit comme un homme intrinsèquement positif, nombre de ses textes transpirent paradoxalement la dureté, la froideur. “J’ai toujours mal, je guéris jamais, je suis comme un gosse du divorce, je suis entre le micro et la cross”, rappait-il dans Nwar Mécanique, morceau tiré du projet. Une dualité frappante, mais inhérente à son processus artistique, comme il nous le confie : “Le fait d’écrire me permet d’avoir cet exutoire. C’est le moment où je peux coucher sur le papier des sentiments moins ‘virils’, comme la tristesse notamment.

La plume en point d’orgue

À l’instar de ses compères de Din Records, Oumar a fait du maniement des mots son cheval de bataille. S’il transforme la majeure partie de ses phrases en chansons, l’artiste se plaît aussi à les conter à la manière d’un slameur. Ainsi, nous retrouvons un interlude “parlé” sur chacun des opus de Trauma. Un choix artistique loin d’être anodin : “Ce format offre une certaine profondeur au projet. Il lui offre une dimension humaine et sociale, et me permet aussi d’expliquer pourquoi j’ai choisi de travailler autour de la thématique du traumatisme.”

Je peux autant écouter des mecs de la next gen comme H Jeune Crack ou So La Lune, que des artistes plus ‘mainstreet’ comme Werenoi par exemple.

Plus largement, ce nouveau projet de 13 titres fait la part belle à plusieurs invités de marque : Souffrance, Tedax Max, 404 Billy et Cashmire. S’il considère que les trois premiers sont artistiquement dans son sillage, il reconnait toutefois que la connexion avec le rappeur du 18ème arrondissement était plus inattendue, au vu de leurs deux univers respectifs. “Avec Cashmire, c’était très naturel. Malgré la catégorie de rap dans laquelle on peut me classer, j’écoute vraiment tous les styles de rap”, explique-t-il. “Je peux autant écouter des mecs de la next gen comme H Jeune Crack ou So La Lune, que des artistes plus ‘mainstreet’ comme Werenoi par exemple. Ce qui explique que je ne vais pas me retrouver à poser uniquement avec des mecs qui font du lyrics.

Et maintenant ?

Bien qu’il n’ait pas de plan prédéfini pour la suite, Oumar reste désireux de continuer à abreuver son public de morceaux à court terme. “On va laisser le projet vivre, mais je réfléchis déjà à l’après. Je vais continuer de faire de la musique, comme ça si je dois sortir quelque chose d’ici 6 mois ou avant la fin de l’année, je serais prêt.” Mais alors, que nous réserve-t-il ? Un 4ème opus de Trauma ? Un nouvel album ? Ça, le Havrais ne le sait pas encore. “On va prendre le temps d’en discuter avec mon équipe, et déterminer tout ça à l’avenir”.

©Photo à la une : @mr__francesco

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