KIETU #2 : TIF, OUELD L’HOUMA

« Kietu », c’est une série d’articles pour ceux qui aiment le rap. Ils auront pour but de retracer la vie et la carrière d’un artiste d’un point de vue global, afin d’en apprendre plus sur ceux qui bercent nos jours et nos nuits. Pour cette deuxième édition direction Alger. Nous allons parler du nouveau phénomène : TIF !

TIF, Kietu ?

Toufik Bouhraoua ou TIF nous vient tout droit d’Algérie. Plus précisément d’Alger, capitale algérienne qui saura façonner notre artiste du jour. Via sa culture, sa nature riche, ses valeurs et son peuple elle influencera Toufik à devenir l’homme qu’il est aujourd’hui. Un homme qui chante sa vie et ses émotions, qui rap ses vices et ses craintes mais qui n’a pas peur d’évoluer. Par son passé très étroit avec la France, l’Algérie et notamment Alger ont gardé une empreinte forte que l’on peut ressentir chez certains artistes comme Médine, Soolking, Rim’K’ Younès mais aussi TIF. Ayant Grandi dans les quartiers d’Alger la Blanche, il la quitte à l’âge de 18 ans pour faire ses armes en France. Comme pour le Kietu #1 sur Zamdane, cette double culture sera le fer de lance d’un art qui n’attendait que de pouvoir s’exprimer.

Aussi bien textuellement que dans la mélodie, TIF maîtrise tous les domaines. Influencé par sa vie mais aussi par des artistes comme Flenn ou Younès au quotidien, il étend ses inspirations bien au-delà. Depuis petit tournent dans ses oreilles de la variété française, américaine mais aussi et surtout algérienne. Le châabi, style de musique aux sonorités typiques, populaire en Algérie au XXème siècle jouera un rôle clé dans la vie de notre artiste du jour.

Sa venue en France n’est pas une fin en soi. Arrivé à l’âge de 18 ans, c’est officiellement pour les études que Toufik posa son premier pied dans l’hexagone. Officieusement il savait que c’était la musique qui le dirigeait. Très attaché à ses sources il raconte son quartier (« houma » en arabe) et à travers ses vers on comprend beaucoup de choses dont on va pouvoir discuter dans la suite de l’article. Le départ n’est que le début…

L’INDépendance – Houma sweet houma

Courtisé par toutes les maisons de disque et les labels, TIF reste en indépendant dans son propre label fonder avec les frères Adil Boucif et Younès Boucif : Houma Sweet Houma*. Le slogan « Par nous pour nous » est ici plus cohérent que jamais. Issu de la même culture partageant les mêmes valeurs, c’est tout naturellement que les 3 hommes s’associent pour faire entendre leurs voix. HSH c’est plus qu’un label c’est une bannière derrière laquelle chaque fan peut se réfugier. Un étendard qui rassemble autour d’une passion commune : la bonne musique. Prêt a conquérir la francophonie, TIF s’arme d’un entourage solide qui s’est construit à travers les années et qui se solidifie avec le temps qui passe. Généreux à tous les niveaux, on sent que le partage est pour lui primordial dans sa manière d’être. Au-delà de partager la bonne musique à son public, c’est avec ses proches qu’il partage de véritables moments de vie. Très accroché à la famille et à ses amis, il reste en étroite relation avec ces derniers et c’est de là qu’il puise une partie de son inspiration.

Tournée dans les deux pays, on sent cette culture hybride franco-algérienne qu’à réussi à acquérir TIF dans le clip de 3INIYA**.

Titre charnière dans la discographie de TIF puisque c’est le premier clip de sa nouvelle ère qui se veut plus professionnel. Série de clip auto-produit, jusqu’à l’incontournable Hinata qui cumule aujourd’hui quasiment 10 millions de vues sur Youtube. Véritable réussite commercial, TIF touche désormais un nouveau public. Cette indépendance, le fait de s’auto-produire se traduit aussi par la volonté de faire passer son propre message. Une liberté qu’aucun ne pourra lui ôter, qui définit son art et qui est propre à sa culture. Très loin des clichés du rappeur, il garde son authenticité, et pendant un temps sa naïveté qui lui ont permis d’être l’artiste qu’il est aujourd’hui.

La révélation – 1.6

10 mars 2023… Demain c’est b3eid, l’intro de son nouveau projet fraîchement disponible se diffuse dans de nombreuses oreilles. Et ce chiffre ne fera qu’augmenter. Brutalement. Sans arrêt. Plus de 40 millions d’écoutes sont aujourd’hui comptabilisées sur ce projet que beaucoup considèrent comme le meilleur projet de l’année. Après avoir été mis dans la case des rappeurs aux sonorités d’Afrique du Nord à son insu, il décide d’assumer pleinement ce rôle et d’être le meilleur là-dedans. C’est donc sans surprise des couleurs très chaudes qui nous viennent à l’esprit à l’écoute du projet. Instruments, ambiances, voix et punchlines ; tout est orienté pour nous plonger en plein milieu des métropoles arabes. Néanmoins, on sent une réelle amélioration par rapport à son premier projet Houma Sweet Houma dans la production de ce dernier. Accompagné par son fidèle ami et beatmaker Khalil quasiment omniprésent, il enchaine les tubes pour notre plus grand plaisir.

On ressent ici toutes les influences qu’on a pu mentionner précédemment dans l’introduction de cet article. Avec son style bien à lui, il se démarque vite ; d’autant plus que…

Personne pépom le flow de toufik, I still have no fuck to give***

Pré-refrain du titre hinata

TIF est conscient de la richesse de son art et de sa culture et compte bien l’exploiter à 100%. N’ayant pas d’équivalent, il se permet d’être la meilleure version de lui-même.

Aussi bien jovial que plus calme, cet EP est très homogène dans son ensemble malgré les différents rythmes. Un bijou musical qui attire les projecteurs sur Toufik qui se doit de suivre de près le succès de ce dernier. Et sans surprise il le fait parfaitement. 6 mois après, le 16 octobre dernier Houma Sweet Houma dévoile sur youtube une session live du projet de son artiste du moment. vous pourrez déjà retrouver 1.6 Live session sur toutes les plateformes. Comme un second souffle au projet, ce live vient fidéliser ceux qui étaient fans, et convaincre ceux qui ne l’étaient pas encore. Une véritable prouesse musicale qui s’écoute sans forcer. Accompagné de ses instrumentistes : Senpaï Katchy, Nazim Bakour, Hakeem et Naghib il sublime les titres que nous écoutions déjà en boucle. Les applaudissements, les youyous et la chorale qui va avec pour remixer complètement les musiques, on s’en lasse pas.

LA suite…?

TIF notre culture te remercie pour ton Élysée Montmartre mémorable, pour la sincérité de ta musique, et le dévouement que tu y accordes.

Ne manquez surtout pas son actualité qui va sans doute aucun être brûlante, et de toute façon nous retrouverons notre artiste du jour à l’Olympia en septembre 2024, on a déjà hâte.

Merci à son équipe : Adil, Younès, Manon, Khalil, Dawee et à tous les autres.

* Quartier doux quartier

**Mes yeux

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *